Si l’on ne peut que se réjouir de la large mobilisation sociale à l’appel des syndicats le 13 février, les perspectives pour notre plat pays sont sombres. La présence des socialistes flamands (Vooruit) au sein d’un gouvernement qui s’annonce violemment anti-social, promet de constituer une pomme de discorde à gauche au cours de la prochaine législature. Si les socialistes francophones, par le truchement de leur président, disent « comprendre » la stratégie de leur parti frère sans la partager, ce n’est pas le cas du PTB, qui y voit le « maillon faible » du gouvernement, et qu’il entend cibler dans ses attaques afin de diviser la coalition au pouvoir. La présence de Vooruit au sein de ce gouvernement en compagnie de la N-VA fait d’ailleurs des émules jusqu’au niveau européen, où les têtes dirigeantes du Parti socialiste européen (PSE) prônent un cordon sanitaire strict avec les droites radicales et extrêmes. D’après Mediapart, il aurait été diplomatiquement signifié à Vooruit qu’il garde la confiance de ses partenaires européens, tout en étant placé sous « surveillance »

Précédemment (décembre 2024) : Même si des récents sondages confirment la position de force du MR en Wallonie, il y a quelques motifs de réjouissance pour la gauche en Belgique francophone. On songe en premier lieu aux possibles prémisses d’une union des gauches avec les expériences de coalitions PS-Ecolo-PTB à Forest, PS-PTB à Mons et Molenbeek (même si la question de ces alliances divise encore au sein de la gauche). Également aux mobilisations antifascistes contre la venue de Jordan Bardella à Bruxelles, qui signait joyeusement des livres dans un lieu mis à disposition par la Hongrie de Viktor Orban pendant que sa concurrente pour la prochaine présidentielle écoutait les réquisitions du parquet à son encontre. Ou encore au succès des manifestations du secteur non-marchand et du monde enseignant. Les gauches belges ne baissent pas les bras !