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Les articles de Maria Roca ESCODA

La condition homosexuelle à l’épreuve du code pénal belge

Rédaction

Après le débat entre Christine Pagnoulle, Claire Gavray et Gabriel Perreira sur la représentation politique des femmes (Politique, n°70 de mai-juin 2011), nous poursuivons nos investigations au cœur des questions de genre et de discrimination en suggérant d’entrer dans les travaux d’une chercheuse catalane, spécialiste de la place que les différents droits des pays européens réservent à l’homosexualité. Elle nous montre combien des droits élémentaires (l’égalité et la liberté sexuelle) sont en réalité d’une fragilité extrême alors même que l’on pourrait les croire acquis et acceptés une fois pour toutes, ne fût-ce que parce qu’ils ont fait la preuve de leur utilité en terme de santé publique là où la discrimination et la marginalisation ont conduit à des désastres. Si en surface nos sociétés semblent s’être définitivement converties aux droits de l’Homme et à leur universalisme, dans les arcanes du droit subsistent cependant des notions susceptibles d’être mobilisées par les passions les plus tristes. Aujourd’hui, le phénomène homosexuel semble être accepté au point que les réactionnaires paraissent devoir jouer de ruse et avancer masqués. L’homosexualité n’est plus ouvertement taxée d’infériorité ou de déviance. On s’autorisera plutôt à faire remarquer que «ces gens-là font ce qu’ils veulent tant qu’ils ne posent pas leur regard sur moi avec trop d’insistance». Ces détournements lexicaux, souvent effectués de bonne foi par des personnes à la tolérance affirmée, pourraient un jour ne plus être nécessaires si notre droit cessait ses évolutions progressistes. Et le risque existe. Il est toujours plus difficile de se voir convoqué devant les tribunaux pour simple fait d’homosexualité. Mais la «débauche», elle, est toujours passible de poursuite. Bruno Frère

Politique n°71 12-09-2011