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Les articles de Guy HAARSCHER , Marc JACQUEMAIN

La laïcité à l’épreuve du voile

Rédaction

Pour la laïcité, tout allait bien. Voilà ce qu’en disait il y a peu Jean Vogel (Voir « Bruxelles laïque échos », 2e trimestre 2008. Jean Vogel est le coordonnateur de l’Institut Marcel Liebman, à l’Université libre de Bruxelles.) : «Après la réalisation (pour l’essentiel) de la séparation de l’Église et de l’État, ce dernier avait vécu quelques décennies de digestion paisible dans le contexte de la déchristianisation continue et comme automatique des sociétés d’Europe occidentale. Et puis un beau jour, le voilà confronté à l’implantation en terre d’Europe de l’islam. Une religion en expansion numérique et géographique et non en déclin. Une religion majoritairement coupée des réalisations culturelles de la modernité, fermée au doute et à l’esprit de recherche, réfractaire à la séparation du politique et du religieux.» La laïcité devait réagir. Mais comment ? C’est ici que les débats commencent. Pour certains, sans doute majoritaires dans les institutions et associations laïques, il fallait reprendre le combat contre un nouvel obscurantisme virulent, au nom du triptyque «laïcitéégalité-mixité». Pour d’autres, toute tentative d’imposer ce genre de valeurs par la voie de l’injonction ne pouvait déboucher que sur un résultat inverse. C’est du «vivre ensemble» en société qu’il s’agit ici. Mais il s’agit aussi de la crise la plus violente que connaît le courant de la laïcité philosophique depuis son apparition. Cette fois-ci, pour la première fois de son existence, elle n’est plus en position conquérante. Les protagonistes de ce «courriel», Guy Haarscher et Marc Jacquemain, se réclament tous deux de la laïcité philosophique. Elle les inspire. Mais ils n’en tirent pas les mêmes conclusions. Le principe d’un débat par «courriel» est le suivant. Deux protogonistes s’opposent sur une thématique choisie en commun. Ils disposent chacun de 15 000 signes à répartir en trois «salves». Chaque salve est tirée 10 jours après réception du dernier «coup» adverse. Celui qui commence a l’avantage de choisir le terrain du débat, celui qui conclut a l’opportunité de ne plus être contredit. Le titre de ce courriel fait écho à celui du livre de Nadia Geerts, « L’école à l’épreuve du voile » (Labor, 2006).

Politique n°57 16-12-2008