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Les articles de Chris SERROYEN

House of wax

Rédaction

À la mi-septembre, la société Lehman Brothers s’est effondrée aux États-Unis. Ou plutôt : les États-Unis ont laissé Lehman Brothers s’effondrer. Parce que les répercussions se situaient surtout ailleurs dans le monde. Et aussi pour des raisons idéologiques : c’étaient les dernières convulsions de l’époque néolibérale, anti-étatique, que Ronald Reagan avait inaugurée en 1981 (poursuivie ensuite pendant sept mandats présidentiels) avec les mots hallucinants de son nègre concernant l’autorité publique qui n’était pas la solution mais bien le problème. C’est encore plus hallucinant lorsqu’on relit entièrement la partie célèbre et régulièrement citée de ce discours : «Dans la crise actuelle, le gouvernement n’est pas la solution à notre problème ; le gouvernement est le problème. De temps en temps nous sommes tentés de croire que la société est devenue trop complexe pour être gérée par l’autorégulation, qu’une élite gouvernante est meilleure qu’un gouvernement pour les gens, par les gens et des gens. Eh bien si aucun d’entre nous n’est capable de se gouverner lui-même, qui alors parmi nous aura la capacité de gouverner quelqu’un d’autre ?» Vraiment une superbe rhétorique. Avec, comme on le voit, des conséquences désastreuses.

Politique n°59 28-04-2009

House of Wax (version originale néerlandaise)

Rédaction

Half september viel Lehman Brothers om in de Verenigde Staten. Of liever: lieten de Verenigde Staten Lehman Brothers omvallen. Omdat de fall out toch vooral elders zat in de wereld. En om ideologische redenen: als laatste stuiptrek van het neoliberale, staatsfobische tijdperk dat Ronald Reagan begin 1981 inluidde, zeven presidentsinauguraties geleden, met de hallucinante woorden van diens ghostwriter, over deoverheid die niet de oplossing is, maar het probleem. Nog hallucinanter wanneer je dat beruchte en vandaag veelvuldig geciteerde stukje voluit leest: “ In this present crisis, government is not the solution to our problem; government is the problem. From time to time we’ve been tempted to believe that society has become too complex to be managed by selfrule, that government by an elite group is superior to government for, by, and of the people. Well, if no one among us is capable of governing himself, then who among us has the capacity to govern someone else?”. Voorwaar prachtige retoriek. Met desastreuze gevolgen, zo blijkt.

Politique n°59 28-04-2009